Naissance de la formation pharmaceutique à Madagascar

l’UFR de Pharmacie en cheville ouvrière

Depuis son indépendance en 1960, Madagascar est sans formation pharmaceutique universitaire. Et si des étudiants malgaches suivaient des études de pharmacie en France, peu revenaient au pays. Ainsi, en 2005 « la Grande Ile » n’a plus que 200 pharmaciens inscrits à l'Ordre, alors que les indicateurs sanitaires restent médiocres et qu’elle connaît aussi qualitativement un déficit pharmaceutique considérable.

En 2005, sous l’impulsion du Ministère malgache de la Santé et de la Coopération Française, s’est formalisé un projet de Département d’enseignement de la pharmacie au sein de la Faculté de Médecine à Antananarivo. Il implique l’UFR de Pharmacie de l’UJF Grenoble avec Patrice Trouiller, Pharmacien PH dans le Pôle Pharmacie du CHU de Grenoble, fin connaisseur des questions liées au médicament dans les pays en développement et Renée Grillot alors PU-PH en Parasitologie-Mycologie, la Fondation Pierre Fabre et le Conseil Régional Rhône-Alpes. Par la suite, les rejoindront la Fondation Mérieux et l’Université de Toulouse.

Nous sommes fiers de cette démarche et heureux du succès qu'elle a connu. En 2006, ouvrait la 1ère année de pharmacie sous la responsabilité du Pr N. Randrianjafisamindrakotroka. Le Département forme 20 étudiants par an avec deux filières : Pharmacie officinale et Pharmacie hospitalière.En parallèle, la Fondation Mérieux a ouvert un laboratoire de recherche, le Centre d’Infectiologie Charles Mérieux (CICM). Ainsi, le 13 avril 2011, une belle cérémonie sur le site de l’Université d’Antananarivo célébrait en présence de Monsieur Alain Mérieux la sortie de la 1ère promotion de Pharmaciens malgaches et l’inauguration du CICM. L’année suivante, 11 emplois de pharmaciens étaient ouverts par le Ministère de la Santé dans des hôpitaux malgaches.

Outre ces liens pédagogiques, l'UFR de Grenoble s’emploie à envoyer chaque année des étudiant-e-s à Madagascar pour préparer leur thèse d'exercice sur les problématiques liées aux soins, à l'accès au médicament… « Ils reviennent toujours différents » rapporte Mme Grillot.